La confidentialité des données : comme un avion en l’air…

Le lien de confiance avec leurs clients va devenir un enjeu de plus en plus fort pour les éditeurs de service en ligne.

Le 9 juin 2010, Gawker révélait que ATT s’était fait voler 114 000 adresses électroniques. Comment les clients d’ATT l’ont-ils vécu ? À quelles mesures ATT est-il disposé pour que cela ne se reproduise plus ?

On peut se demander jusqu’à quel niveau de sécurité iront les sociétés stockant des données en ligne.  La couverture médiatique des fuites peut-elle les inciter à investir lourdement dans la sécurité, jusqu’à l’irrationnel ?

Ces questions appellent une comparaison avec la problématique de la sécurité dans l’industrie du transport aérien.  Alors que le transport aérien est statistiquement le moyen de déplacement le plus sûr au monde, l’amélioration permanente de la sécurité des vols reste une préoccupation majeure, voire une obsession, du secteur aéronautique.

Et pour cause : dans les années 90, les spécialistes du secteur prévoyaient que, avec l’augmentation continue du trafic, les journaux télévisés annonceraient une catastrophe aérienne un soir sur deux à partir de 2050.  On comprend la volonté des constructeurs et transporteurs concernés de ne pas en arriver là. L’impact psychologique d’une telle situation serait bien supérieur à sa réalité statistique.

Or les catastrophes aériennes risquent de trouver leurs équivalents dans le monde des services en ligne.  Des systèmes comme Facebook, Twitter et Google Apps concentrent une masse de données de plus en plus importante. Ces systèmes ont et auront toujours, d’une manière ou d’une autre des vulnérabilités (voir ici et ici pour deux exemples récents). Ne doit-on pas craindre que ces vulnérabilités soient de plus en plus exploitées, au point qu’elles touchent des millions de personnes, voire davantage ? De tels accidents pourraient bien trouver un retentissement médiatique comparable aux catastrophes aériennes… Et les éditeurs de services en ligne seraient alors contraints à des précautions sans proportion avec la réalité statistique du risque.

C’est une éventualité à laquelle ils doivent se préparer dès aujourd’hui.

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